Pour les retailers comme pour les consommateurs, les attentes RSE (responsabilité sociétale des entreprises) sont nombreuses et modèlent peu à peu le secteur. Représentant plus de deux millions d’emplois engagés auprès de 400 000 entreprises, le commerce de détail est l’un des moteurs de l’économie française. Découvrez les principales attentes RSE du monde du retail.

En 2011, le CREDOC ou Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie a publié une étude portant sur le RSE. Cette recherche a permis de démontrer que 60 % des acheteurs  « ont déjà entendu les expressions “responsabilité sociale d’entreprise “ou “entreprises responsables ” dans les médias ou des conversations. »

Le document met également en exergue le désir de nouvelles aspirations de consommation. Sur la base d’une enquête de l’ONU, il est ressorti que 40 % de consommateurs souhaitent s’orienter vers des produits plus respectueux de l’environnement. 

Une étude plus récente menée par Unilever a permis de savoir que leur choix est aujourd’hui orienté par des préoccupations environnementales et sociales. Ce nouveau mode de consommation s’est traduit par l’émergence des labels d’agriculture biologique. Les filières éthiques se développent aussi à travers les labels comme Fairtrade ou Max Havelaar.

La norme ISO 26000 : concrétisation des préoccupations des consommateurs

À l’international, la norme ISO 26000 est la concrétisation précise des attentes des consommateurs envers les retailers et tous les acteurs du commerce. Validé par la France et une centaine d’autres pays, ce cadre engagé en faveur de la responsabilité sociétale n’a pas été ratifié par de grandes nations comme les États-Unis ou encore la Turquie. 

La norme ISO 26000 s’articule autour de sept grandes questions que les certificateurs peuvent évaluer pour délivrer la reconnaissance : 

  1. La garantie d’une bonne gouvernance au sein de l’entreprise.
  2. Le respect des droits de l’Homme dans les différents processus d’approvisionnement et de vente.
  3. Un cadre de travail décent et des relations plus humaines.
  4. Un meilleur respect de l’environnement.
  5. Une pratique éthique envers les partenaires et les clients.
  6. La protection des consommateurs.
  7. Un impact positif sur la communauté locale. 

Le groupe Legrand ou encore Carrefour se sont déjà inspirés de ces points centraux pour orienter leur engagement sociétal. 

Des produits plus respectueux de l’environnement

On est conscient que chaque achat auprès des retailers contribue à accentuer ou à diminuer les problèmes environnementaux. Les acteurs de la distribution doivent donc s’adapter à cette évolution de la demande en proposant des solutions durables. 

De plus en plus de magasins optent ainsi pour des emballages en papier recyclé pour remplacer le plastique. En 2019, la marque de sucre Daddy a décidé de troquer le plastique contre du kraft non blanchi, donc avec une plus faible empreinte carbone. Pour le fabricant de papier DS Smith, 1,5 million de tonnes de plastique seront bientôt remplacées par du carton. 

En 2021, les appareils électriques et électroniques doivent porter un indice de réparabilité pour mieux contenir l’obsolescence programmée. Plus clairement, l’article 2 de la loi anti-gaspillage imposera aux fabricants de mettre une note pour savoir si son produit (téléviseur, smartphone, ordinateur…) est facilement réparable et donc durable ou non. L’idée est d’orienter le consommateur vers un achat plus responsable. 

Moins de greenwashing

La publicité rythme la vie quotidienne des consommateurs français. Pour soigner leur image, de nombreuses entreprises misent sur des messages engagés en faveur de l’environnement. Mais qui mettent aussi en valeur leurs actions sociales. L’excès dans ces messages aboutit parfois au greenwashing ou écoblanchiment. 

L’exemple le plus criant est le dieselgate qui a éclaboussé la marque allemande Volkswagen. De plus, pour afficher des chiffres à son avantage, le constructeur a implanté un logiciel qui falsifiait les résultats communiqués lors des tests. En 2019, la marque de vêtements H&M a également été accusée de greenwashing. Sa collection Conscious a été accusée d’être moins écologique qu’annoncée

Il faut pourtant savoir que 72 % des consommateurs désirent plus de transparence, selon une étude Ipsos. Pour les marques, le premier pas est d’éviter les scandales qui ont émaillé l’histoire du retail. Et ainsi avancer par la suite vers une relation de confiance sur le long terme.