Cette pandémie aura définitivement modifié nos habitudes. Le COVID-19 touche le monde entier sans distinction de classe sociale, d’origine et d’âge. Ce sont plus de 160 pays qui sont impactés.

De Rio à Tokyo, en passant par Paris, le secteur du commerce subit les désarrois du confinement, des couvre-feux et de la crise associée.

Voilà pourquoi de nombreux commerçants-détaillants cherchent tous les moyens de continuer de satisfaire leurs clients en dépit de la situation, et générer un minimum de chiffre d’affaires.

Avant d’entrer dans la période de confinement due au COVID-19 annoncé par le Président Macron, les magasins de la grande distribution ont enregistré une augmentation de chiffre d’affaires. Le dépassement s’élève en effet à 2,7 milliards d’euros de leur chiffre d’affaires, par rapport à l’année dernière, à la même date.

Comparé à la semaine précédente, le chiffre d’affaires retenu avoisinait les 2 milliards soit un surplus de 700 millions d’euros à 7 jours d’intervalle selon Lesechos.fr.

Effectivement, dès le début de la crise sanitaire en France, l’écoulement de produits de première nécessité comme les denrées alimentaires a significativement augmenté.

Une fois le pays entré en phase de 2 de la pandémie, les magasins proposant des produits alimentaires ont vendu davantage que d’habitude. C’est en tout cas le résultat d’une étude réalisée par The Nielsen Company. En chiffres, cette hausse atypique s’explique comme suit :

+ 36,8 % dans les hypermarchés
+ 44,1 % dans les supermarchés
+ 61,1 % dans les drives
+ 90,2 % d’achats livrés à domicile

À la suite de l’allocution présidentielle du 13 mars, le chiffre d’affaires de la grande consommation a été multiplié par 3,5… Soit environ 237 % de plus qu’à l’accoutumée ! Le rush était plus évident le lundi 16 mars, mais l’était moins le lendemain.

Cependant, depuis que le confinement est activé, les ventes sont en repli. Par rapport à l’an dernier, les magasins de grande distribution essuient une décrue de 5 %… et encore moins durant les week-ends, de manière plutôt attendue.

Le boom du retailing en ligne ou en épicerie

Les tendances d’achat sont disparates selon le circuit emprunté par l’acheteur. Mais en moyenne, la hausse des achats, surtout alimentaires, est de 30 %.

Si les grandes surfaces commencent à ressentir des difficultés à écouler leur stock, ce n’est pas le cas ni pour les épiceries de proximité ni pour l’e-commerce.

Le commerce de proximité raccourcit la sortie des consommateurs, tandis que l’achat en ligne leur évite tout simplement le risque de s’exposer au virus de manière directe.

Les produits les mieux vendus en ligne depuis le début du confinement

Alors que les consommateurs sont contraints de rester confinés à la maison, l’achat en ligne connaît un réel succès.

Les sites e-commerce comme Amazon ne chôment pas. La vente de certaines catégories d’articles a beaucoup augmenté. Les cyber rayons n’ont jamais connu une telle ruée vers les produits ci-après, comme cité sur le site du Nordlittoral.fr :

RAYONPRODUITS
Hygiène et santéOxymètres de pouls, thermomètres digitaux, tondeuses (à barbe, cheveux), huiles essentielles, cires et crème dépilatoires
Cuisine et maisonJeux et loisirs pour enfants (gommettes, gouaches, brosses pour la cuvette des toilettes)
ÉlectroménagerMachine à coudre, carafes filtrantes, machines à pain
BricolageGants de protection en vinyle, lunettes de protection, masques de chantier, respirateurs de chantier
Jeux et jouetsJeux de cartes, jeux de société, pâtes à modeler
Sports et LoisirsEnsemble d’haltères, tapis d’entrainement, bande de résistance pour le fitness, banc de musculation
Fournitures de bureauRamette de papier A4
InformatiqueCartouche d’encre, écran de jeux en réseau, répéteur WiFi
High-TechPiles, casque audio
Instruments de musiquePiano, micro, guitare acoustique, harmonica
ÉpiceriePapier Toilette

Le contenu du panier revisité en magasin physique

Le papier-toilette et l’essuie-tout caracolent tout en haut du palmarès des produits les plus vendus du web d’après Ecommerce.mag.
Selon Lesoleil.com, média québécois, dans les grandes et moyennes surfaces physiques, le panier se compose essentiellement de produits alimentaires salés et de surgelés :

  • Des pâtes
  • Du riz
  • De la purée
  • Des plats cuisinés conditionnés en boîte
  • De la volaille surgelée
  • Des poissons surgelés
  • De la viande surgelée
  • Des conserves de légumes

Le confinement derrière les murs … et les écrans

D’après une étude menée par Kantar sur un échantillon de 25000 individus issus de 30 marchés différents, la navigation sur le web a augmenté de 70 % en quelques jours seulement.

Cette hausse a également été constatée au niveau de la consommation de la télévision qui est aujourd’hui de 63 % de plus.

L’utilisation des réseaux sociaux à diverses fins n’en découd pas. Elle a augmenté de 61 % depuis le confinement.

La crise sanitaire du COVID-19 a plus que vulgarisé l’exploitation du web par les particuliers. Les retailers y trouvent plus ou moins leur lot d’intérêt en y proposant directement leurs services.

Comment les commerçants résistent à la crise COVID-19 ?

Si le pessimiste voit le verre à moitié vide et que l’optimiste voit le verre à moitié plein, le pragmatique boit quant à lui directement l’eau dans le verre.

C’est ainsi que les retailers répondent au Covid-19. Plutôt que de se morfondre sur la situation économique, ces commerçants détaillants avancent des solutions pratiques pour combler les besoins de leurs clients.

Mais pas seulement ! Pour rejoindre les deux bouts face à la pandémie, les indépendants et les détaillants s’organisent dans les champs suivants :

  • Digitalisation des activités
  • Bons de précommande
  • Livraison reportée après le confinement

La précommande pendant et après le confinement

Quelques semaines de confinement valent de l’or pour les commerçants. Pour maintenir la tête hors de l’eau, les retailers font appel à la solidarité de leurs clients.

Accueil page site web petits commerces

Des sites de soutien comme Soutien-commercants-artisans ont ainsi vu le jour. La clientèle peut déjà réserver des bons d’achat allant de 20 à 400 euros selon le produit. La livraison est programmée après la fin officielle du confinement. Les commerces ayant rejoint le système de précommande sont :

  • L’alimentaire
  • Les librairies
  • Le prêt-à-porter
  • Le culturel

Ces plateformes acceptent bien entendu d’autres formes de commerce, dont l’horticulture qui est également touchée par la crise, comme l’explique cet article de Maddyness.

Une plateforme de solidarité dédiée au regroupement des commerçants

Les plateformes proposant de soutenir le réseau de commerçants et détaillants ne prennent aucune commission sur les prestations prépayées.

Voilà qui aidera sans doute les professionnels à la reprise de leur activité. Cela leur servira également à leur ramener un peu de chiffre d’affaires à l’avance.

Depuis le début de cet élan de solidarité, de nombreux clients ont répondu favorablement à cette initiative.

Depuis la mise en place de ces plateformes, des commerçants comme « Lily of the Valley », fleuriste au cœur de la capitale parisienne a déjà engrangé une dizaine de commandes.

La distribution en circuit court pour minimiser le contact

Certains produits sont périssables. C’est notamment le cas des produits alimentaires et des fleurs.

Le secteur de l’horticulture a effectivement connu une énorme chute de 86 % dans son chiffre d’affaires.

Pour tenter de stopper l’hémorragie, Val’Hor, organisation interprofessionnelle de la filière horticulture, a mis en place une application pour un circuit court.

D’une part, cette démarche permet de maintenir les ventes tant bien que mal, et d’autre part, d’encourager la consommation des produits locaux et de proximité.

Des initiatives des administrateurs : lancement de liste de commerces ouverts

On ne parle pas ici d’une page recensant les adresses des particuliers, mais plutôt des magasins ouverts durant le confinement. C’est à Marne, en Champagne, que cette initiative a vu le jour.

La Chambre du Commerce et de l’Industrie Marne en Champagne, en collaboration avec la Chambre des Métiers et la Chambre d’agriculture, informe les consommateurs sur l’ouverture des commerçants et des producteurs durant le confinement.

Il n’est pas agréable pour un consommateur que de sortir avec son attestation de déplacement dérogatoire pour finalement se retrouver devant un magasin fermé. C’est pour éviter ces déconvenues que la plateforme « jesuisouvert.fr » a été lancée depuis le 2 avril 2020.

Le site liste les entreprises ouvertes au jour le jour. Il y recense également les entreprises qui font dans la livraison à domicile, ou qui proposent le drive dans le département.

Cette initiative s’est propagée un peu partout en France, comme à Rouen où les commerçants continuent leurs activités et livrent directement leurs clients.

Le comportement des grandes marques face au coronavirus

Alors que la crise économique pointe le bout de son nez suite au COVID-19, les consommateurs estiment que les grandes marques devraient sérieusement œuvrer pour le bien-être de tous.

Pour les grandes enseignes, la tentation est forte : profiter de la pandémie pour communiquer sur tous les canaux possibles. Mais les consommateurs ne le verront pas d’un bon œil. En effet, selon l’étude réalisée par Kantar, 68 % des Français enquêtés estiment qu’elles ne doivent pas tirer profit de la pandémie pour la promotion de leur griffe. Pour 28 % de l’échantillon, l’humour sur le Covid-19 est également à éviter.

En revanche, le souhait de 38 % des sondés Français est de voir la contribution active des marques dans les efforts pour éradiquer le Coronavirus. Pour cela, ils préconisent l’aide au gouvernement. À cette heure, de nombreuses marques l’ont déjà fait bien avant que la crise sanitaire n’éclate. C’est le cas de Pernod Ricard, de Décathlon et de LVMH :

  • LVMH a offert 12 tonnes gel hydroalcoolique aux hôpitaux.
  • Pernod Ricard a donné gratuitement 70 000 litres d’alcool au laboratoire Cooper pour la fabrication de gel désinfectant.
  • La Fondation L’Oréal a donné 1 million d’euros à des associations engagées dans le combat contre la précarité.

Les TPE et PME des circuits de distribution font également partie des plus touchés par cette crise sanitaire et économique qu’est le Covid-19.

L’Oréal, leader mondial de la beauté, a gelé des créances jusqu’à la reprise de l’activité de ses distributeurs. Les petites parfumeries ainsi que les salons de coiffure peuvent donc pouvoir souffler un peu jusqu’au redémarrage de leurs activités post-confinement.

Se rapprocher des clients et des prospects

Bien que les temps ne soient pas à la vente, c’est la période pour se rapprocher de ses clients et de ses prospects.

Pour cela, les commerces peuvent continuer à renforcer la communication par tous les moyens, en particulier par le biais du site de l’entreprise et de ses comptes sur réseaux sociaux.

On essaie au maximum de proposer diverses options pour minimiser les annulations de précommande et maximiser les reports.

Si l’activité le permet, on pensera également à proposer des prestations différentes. Par exemple, il est possible de proposer la livraison aux personnes âgées sans limites d’étages.

En d’autres termes, ces services permettent de booster une valeur qui est chère à tous : la solidarité.

Retravailler sur des projets mis sur pause

Comme toute entreprise, on a certainement des projets mis en sourdine pour diverses raisons. C’est sans doute le bon moment de relancer les remue-méninges et les concepts. Exemples parmi tant d’autres :

  • Habillage du site web
  • Proposition d’une nouvelle offre valable pendant et après le confinement
  • Actualisation de la communication

Adapter la communication à la situation de crise

Les commerçants comme les clients sont confinés chez eux. La communication doit pourtant être toujours à jour pour ne pas perdre le contact.

Sachant qu’il est quasiment impossible de communiquer avec sa clientèle en face à face, les retailers n’hésitent donc pas à exploiter les réseaux sociaux.

L’utilisation de ces canaux a explosé ces dernières semaines. On peut considérer cette tendance comme une opportunité de communication avec les autres :

  • La clientèle
  • Les prospects
  • Les partenaires

En plus des réseaux sociaux, on peut également se tourner vers le référencement naturel du site web de l’entreprise. On n’oubliera pas non plus la possibilité de faire de l’emailing. Ce sont probablement les meilleurs alliés des sociétés spécialisées dans le commerce de détail en ces temps de crise !