Le saviez-vous ? La caisse enregistreuse existe depuis la fin du 19ème siècle. Elle fut inventée par un américain qui pensait se faire voler par ses employés…

Sur les pas de cet homme, James Ritty, mais aussi d’autres précurseurs, nous vous présentons ici l’Histoire de cette machine qui a révolutionné le secteur du retail. Mais aussi :

  • ce qu’elle a apporté pour le développement des affaires des détaillants.
  • les nouvelles innovations qui transforment la traditionnelle caisse.

Comme il est difficile d’imaginer un magasin de détail sans caisse enregistreuse ! Pourtant, avant même la moitié du 19ème siècle, les marchands ne possédaient pas de tels équipements. 

Ils ne pouvaient donc pas vraiment savoir s’ils opéraient à profit ou à perte. 

La négligence, l’analphabétisme, ou bien la malhonnêteté pouvaient rapidement rendre la comptabilité correcte impossible…  même si les propriétaires de magasins se donnaient du mal à demander aux vendeurs commis d’enregistrer toutes les transactions de vente dans un livre de jour.

Les tentations d’empocher de l’argent devaient être écrasantes, car l’argent était généralement déposé dans des caisses ouvertes.

Le propriétaire ne pouvait pas déterminer s’il souffrait de vol parce qu’il n’avait pas de compte exact sur :

  • les espèces réellement encaissées.
  • le nombre de transactions.
  • les articles vendus en une journée.

La seule façon de déterminer la situation financière d’une entreprise était alors de procéder à un inventaire physique : une procédure longue et ardue…

Remontons ensemble l’histoire de la caisse enregistreuse et découvrons ensemble tout ce qu’elle a pu apporter à ces marchands en proie à une comptabilité hasardeuse.

L’histoire de la caisse enregistreuse

Le boulier chinois

Si l’on assouplit la définition de la caisse enregistreuse à « tout appareil qui peut enregistrer des transactions monétaires et les cumuler », nous devons alors probablement remonter jusqu’au boulier qui est censé avoir été utilisé en Chine des millénaires avant J.C.

Le boulier est fascinant :

  • on apprend rapidement à l’utiliser.
  • il peut stocker un résultat si personne ne bouleverse le positionnement des billes.
  • il peut même être utilisé comme « additionneur total » pour cumuler les valeurs des transactions au cours d’une journée.
Illustration d'un boulier

©Wikimedia | Boulier-compteur chinois

L’arithmomètre de Charles Xavier Thomas de Colmar

Puis il y a eu un Français du nom de Charles Xavier Thomas de Colmar qui, en 1820, a inventé l’arithmomètre. Il s’agit de la première machine du genre à être produite en série et commercialisée dans le monde. L’arithmomètre exécutait mécaniquement les quatre fonctions classiques :

  • de soustraction.
  • d’addition.
  • de multiplication.
  • de division.

La caisse enregistreuse de James Ritty

L’Américain James Ritty est souvent crédité d’avoir inventé la caisse enregistreuse (dans sa définition plus complexe) à la fin du 19ème siècle. 

Auparavant, il y avait bien eu des inventions de caisse enregistreuse brevetées, mais aucune ne semblait avoir réussi commercialement. 

L’histoire raconte que les affaires de ce tenancier de bar d’Ohio étaient en plein essor, mais qu’il n’y avait aucun profit. James Ritty était désespéré et soupçonnait ses barmen de voler dans la caisse. 

Alors, pour soulager ses tensions, il aurait réservé un voyage en bateau à vapeur en Europe pour prendre l’air.

Ritty, ayant été formé à l’origine pour devenir mécanicien, se seraient intéressé aux machines du navire. Son attention se seraient alors portée sur le mécanisme de comptage qui enregistrait les révolutions de l’arbre d’hélice du navire. 

Une question lui vint : pourquoi les ventes d’un magasin ne pouvaient-elles pas être enregistrées de manière mécanique ?

Il aurait alors réservé un retour immédiat vers les Etats-Unis. De retour dans sa ville de Dayton, Ritty aurait alors confié son idée avec enthousiasme à son frère John, un mécanicien qualifié. Ensemble, ils auraient travaillé de concert sur leur version de caisse enregistreuse.

Ils surnommèrent leur machine « The Incorruptible Cashier » (Le Caissier Incorruptible), en pied de nez aux voleurs de tiroirs caisses.

La machine pouvait indiquer le montant de la vente. Il y avait une cloche pour annoncer les ventes. Il avait également un additionneur qui conciliait toutes les valeurs des touches pressées pendant la journée.  

Au cours des années qui suivirent, leur entreprise de caisse enregistreuse fut vendue deux fois, se retrouvant entre les mains d’un homme d’affaires de Coalton, issu des mêmes contrées : John Patterson. 

L’homme d’affaires réussit à faire de cette caisse enregistreuse une force dominante de l’industrie. 

Patterson est notamment reconnu pour avoir inventé les étapes associées à l’approche actuelle du « cycle de vente » utilisé par la plupart des forces de vente professionnelles, à l’instar de celles des industries de haute technologie comme IBM, Xerox, ou encore Diebold.

Une des méthodes publicitaires de Patterson était l’envoi massif de courrier. L’histoire raconte d’ailleurs qu’en 1886, son entreprise reçut ces mots manuscrits (et traduits ici) d’un expéditeur : « Laisse tomber, nous ne t’avons jamais fait de mal. »
Qu’est-ce qu’une caisse enregistreuse ?

Une annonce d’août 1886, lisibles dans l’American Store Keeper de Chicago, donnait pour définition :
« C’est une caissière automatique qui enregistre mécaniquement chaque vente effectuée dans un magasin. Elle ne se fatigue jamais. Elle ne fait jamais une chose en pensant à une autre et ne se trompe jamais. C’est un prodige mathématique en laiton et en acier, dont tous les calculs sont infailliblement corrects. C’est une machine qui permettra d’économiser l’argent que vous gagnez […] »

Au cours de la période de 1888 à 1915, la caisse enregistreuse s’est répandue dans presque tous les établissements de vente au détail. 

Cette période est mieux caractérisée par les caisses enregistreuses en laiton moulé, dont beaucoup sont encore disponibles sur les marchés d’antiquités. 

Il y avait des caisses enregistreuses en matériaux autres que le laiton. Des estampes en fonte, en bois et même en métal ont été utilisées.

Les finitions incluaient du laiton poli, des plaques de nickel, du cuivre vieilli, de la peinture et même des plaques d’argent et d’or. Le laiton dominait la ligne de la National Cash Register Company, qui représentait 95% du marché total.

Les bénéfices de la caisse automatique de la National Cash Register Company

L’automatisation commerciale a donc été rendue possible à l’origine par l’invention de la caisse enregistreuse dans les années 1870. Ce nouvel appareil apparaît alors dans les supermarchés et dans d’autres grands magasins de détail. 

Les premières caisses enregistreuses ont été vendues avec pour message commercial : la dissuasion contre le vol. Un article du Scientific American de février 1878 qualifiait d’ailleurs l’invention de « nouvelle machine pour rendre les gens honnêtes ». En imprimant le montant de la transaction sur un reçu de chèque pour le client, les inexactitudes sont en effet devenues très visibles.

En imprimant le même montant sur une bande inaccessible verrouillée dans la machine, le propriétaire pouvait alors ajouter les chiffres à la fin de la journée et comparer le total avec le contenu de la caisse. Le commerçant pouvait aussi demander aux clients de mentionner une erreur de reçu (s’il y en avait une) en échange d’une forme de promotion.

Mais les caisses enregistreuses ont aussi également été les instruments d’une nouvelle approche analytique des affaires, qui s’est traduite par une utilisation systématique de l’information pour générer des bénéfices. Connaître le montant des ventes quotidiennes par catégorie de produit et par type de transaction était bien pratique !

La caisse enregistreuse était donc une combinaison :

  • d’un système de sécurité.
  • d’une machine comptable.
  • d’un système d’information de gestion. 

Tout cela a été mis en œuvre avec des pièces mécaniques mobiles, des engrenages, des cames et des leviers logés dans de grands boîtiers. 

Vers la fin de la caisse enregistreuse

La caisse enregistreuse traditionnelle, avec sa fameuse cloche pour annoncer les ventes, a bien évolué, notamment avec l’apparition de … 

… la carte de crédit qui supprime la monnaie fiduciaire

La carte de crédit moderne efface doucement la monnaie fiduciaire qui emplissait les caisses traditionnelles.

De nos jours, bon nombres de particuliers règlent en effet avec ce moyen de paiement – sans compter les autres méthodes dématérialisées : virement, prélèvement…

L’origine de cette carte pourrait remonter aux années 1920. L’industrie pétrolière, en particulier Texaco,  a commencé à offrir à ses clients des cartes en papier, importantes pour le ravitaillement. Puis :

  • en 1958, Bank of America crée sa première carte de crédit, la BankAmericard. 
  • dans les années 1970, le service de carte gagne en popularité et devient connu sous le nom de Visa. 
  • en 1966, Mastercard naît sous le nom d’Interbank Charge Association.
  • en 1969, l’Air Travel Card, devient la première carte à inclure une bande magnétique.

L’apparition de la caisse enregistreuse tactile

La caisse tactile fait son apparition depuis quelques années chez les détaillants. Connectée, elle va plus loin que la traditionnelle caisse enregistreuse. Voici quelques-uns de ces atouts :

  1. Les caisses enregistreuses à écran tactile permettent aux entreprises de glisser rapidement et en toute sécurité leurs cartes de crédit.
  2. Les clients signent facilement sur l’écran lorsque c’est nécessaire, ce qui permet de gagner du temps et d’éliminer les possibles vols d’identité.
  3. L’économie de papier répond aux préoccupations environnementales. Les reçus peuvent être envoyés directement dans les boîtes de réception mail de ses clients.
  4. Le suivi de l’inventaire est facilité. Lorsqu’un article est vendu, le système interagit automatiquement avec celui de l’inventaire.
  5. La caisse permet de lire et d’analyser en temps réel l’état des caisses, d’améliorer la productivité des employés et d’augmenter les niveaux de service client.

Les caisses en libre-service

Personne payant à une caisse automatique

©Florent Darrault | Le passage en caisse en libre-service

Les caisses en libre-service ont également révolutionné le secteur du retail. Les grands magasins de détaillants sont aujourd’hui dotés, pour la plupart, d’un espace de caisses en libre-service. 

Ces machines permettent aux clients de traiter eux-mêmes la validation de leurs propres achats auprès d’un détaillant :

  • le client scanne lui-même les codes-barres des produits. 
  • il gère ses points sur sa carte de fidélité.
  • il règle lui-même ses achats.

Les grandes surfaces retrouvent les avantages suivants :

  • moins d’attente que les voies de paiement traditionnelles.
  • désengorgement de ces autres voies de paiement traditionnelles.
  • réduction de l’abandon de panier.
  • libération du personnel du magasin afin de servir les clients autrement
  • économie budgétaire.
  • possibilité de fournir un service partiellement ou totalement multilingue.
  • gain en flexibilité des caisses enregistreuses traditionnelles.
Ces machines peuvent accepter des cartes de débit/crédit, des cartes électroniques d’assistance alimentaire, des espèces via la fente à pièces ou le scanner de billets de banque mais aussi des cartes-cadeaux en magasin.

Les caisses en libre-service présentent toutefois des inconvénients. Certaines études suggèrent notamment qu’une partie des acheteurs est tentée de voler en raison de la relative facilité de tromper les caisses automatiques. Une personne qui (au départ sans intention de voler) ne scanne pas un élément peut se rappeler que cela a été facile et serait plus facilement tentée de ne pas scanner délibérément d’autres éléments par la suite, relève par exemple Fairfax Media.

James Ritty était un précurseur, et sa machine enregistreuse a permis au monde du retail de prendre de l’ampleur. Alors, sur les traces de ce visionnaire, amusons-nous à faire dans la prospective 😉
Vous avez des idées de ce à quoi pourrait ressembler la caisse enregistreuse du futur ? Vous avez connaissance de nouvelles technologies additionnelles sur le marché ? Adressez-nous vos idées dans les commentaires !